Dessin de Jean-Honoré Fragonard, huile de Hubert Robert, relevés de C. Formigé ... au XVIIIème siècle les Antiques fascinent les artistes. Ces deux monuments Romains situés entre le merveilleux village de Saint-rémy de Provence et le massif des Alpilles attirent déjà les visteurs par leur originalité.
Le site de Glanum n'est fouillé qu'à partir de 1921, et l'on découvre alors un des sites antiques majeurs de Provence.
SAINT-RÉMY DE PROVENCE
Saint Rémy n’aurait pas existé sans Glanon, cité qui doit son origine à la présence de Ligures installés, peut-être dès la fin du IIème millénaire, au nord du vallon débouchant sur le mont Gaussier, à proximité d’une fontaine rapidement divinisée. Les commerçants marseillais empruntant cette voie pour joindre Avenio (Avignon) et Cabellio (Cavaillon) font halte à Glanon et dès la fin du III siècle av. J.-C. fondent leur propre établissement à proximité de la cité. Au Ier siècle av. J.-C. le comptoir est ruiné par les armées de César qui s’appliquent à réduire en cendres les territoires massaliotes. Partiellement détruite la colonie phocéenne est remplacée par une fondation gallo-romaine, Glanum, probablement due à la IIIème Légion fixée à
Arles dès 46 av. J.-C. L’Empire et la Paix Romaine apportent prospérité à la ville.
En 270 après J.-C. un raid barbare anéantit définitivement Glanum et la population épargnée, désertant le site, fonde plus au Nord un nouveau village, futur Saint-Rémy.
LES ANTIQUES : l’arc triomphal
Daté de 6 av. J.-C., cet arc est parmi les plus anciens de la Narbonnaise.Sa grande arche en plein cintre s’ouvre dans un puissant massif orné de colonnes, pilastres et reliefs.
À l’origine un attique devait surmonter la composition. L’actuelle couverture en lauzes date du XVIIIème siècle. Sur chaque face, les piédroits sont ornés de reliefs illustrant la conquête des Gaules par César. Entre des colonnes engagées, quatre groupes de captifs figurent au pied de trophées d’arme. Sur la face Sud-Ouest, une captive est représentée écroulée sur un monceau d’armes parmi lesquelles on reconnaît la trompette gauloise, le carnyx. Des victoires porte-enseigne se trouvent aux écoinçons de l’arc. Les autres parties du décor sculpté sont d’une exécution remarquable.
Avec le mausolée de Jules, ils furent longtemps les seuls vestiges visibles de Glanum, dont ils indiquent la limite. Ils sont parmi les monuments les plus connus qu’ait laissé la civilisation romaine sur le sol français.
LES ANTIQUES : le mausolée des Jules
Haut de dix-huit mètres de haut cet édifice composite, qui pendant longtemps suscita des interprétations diverses, est en fait un monument funéraire que trois frères de famille des Julii firent élever vers 30 av. J.-C. en l’honneur de leur père et grand-père. Cet édifice est en fait un cénotaphe. Les bas-reliefs qui le décorent sont des allégories des exploits guerriers sans doute accomplis dans les armées de César. La composition superpose trois éléments distincts : un socle sculpté, un arc de triomphe à double entrée (type nouveau à cette époque même à Rome), une rotonde corinthienne abritant les effigies des deux personnages célèbres, et surmonté d’un pyramidion conique à motifs écailles.
Le décor architectural est de très grande qualité : finesse d’exécution des chapiteaux corinthiens, virtuosité des frises d’entablement représentant des sujets marins au-dessus de l’arc, des enroulements végétaux au-dessus de la tholos.
C’est sur l’entablement de l’étage intermédiaire que figure l’inscription qui permit d’identifier le mausolée : "Sex. L. M. IVLIEI C.F. PARENTIBUS SUEIS" (Sextius, Lucius, Marcus, fils de Caïus, de la famille des Julii, à leurs parents).
Les quatre reliefs allégoriques qui ornent le socle sont d’inspiration hellénistique. Par leur exécution, ils s’apparentent à ceux exécutés en Narbonnaise, avec pour caractéristique des contours bien cernés, accusant les reliefs.
Le bas-relief Nord représentant un combat de cavalerie à donné l’occasion à l’artiste de multiplier les raccourcis.
À l’Est, figure une scène d’amazonomachie (combat d’amazones) allégorie grecque de la victoire ; au centre du relief une victoire, identifiable à ses ailes, tient un trophée. Au Sud nous trouvons une scène de chasse au sanglier, thème hellénistique symbolisant la vaillance. À l’Ouest, est représenté un combat d’infanterie, sans doute les Grecs et les Troyens.
LE SITE GLANUM
Du Nord au Sud, le site présente trois zones où se superposent les vestiges de différentes époques : un quartier bas comprenant diverses maisons et des thermes, une zone moyenne essentiellement monumentale (basilique et temple), et enfin une partie plus étroite à voie unique par où l’on entrait dans
la ville antique. L’axe principal de la ville est longé par un égout recouvert de dalles.
À droite, nous découvrons un ensemble d’habitations dont les parements semblent indiquer des époques échelonnées (grand appareil pour les structures les plus anciennes, moellons irréguliers pour les plus récentes). Ces maisons ne remonteraient pas au-delà du Ier siècle av. J.-C. et auraient été occupées jusqu’au IIIème siècle après J.-C.
La maison des Antes doit son nom aux pilastres d’angle qui cantonnent la baie d’entrée. De plan carré avec une cour à portiques, elle est caractéristique de l’époque hellénistique. Trois côtés de la cour sont bordés par des salles d’habitation. Le quatrième, réservé à des annexes, remises où l’on a trouvé les restes d’un char. Un escalier conduisait à l’étage aujourd’hui disparu.
La Maison de Cybèle (1) et Atys, à l’image des habitations de même époque à Pompéi et Herculanum, présente une organisation de type gréco-italique, réunissant deux corps de bâtiment autour d’un péristyle et d’un atrium. Elle comprenait à l’origine au Nord un édifice de plan carré, organisé autour d’une cour centrale à colonnade ; au Sud un ensemble de pièces donnant sur les galeries d’un atrium avec impluvium cantonnée de quatre colonnes. Ces deux parties communiquaient par une large porte murée par la suite. Le péristyle fut en partie transformé en lieu de culte : une banquette le long du mu et un autel dédié à Cybèle l’attestent.
À gauche de la rue principale : Maison d’Épona, au plan irrégulier ; thermes (plan traditionnel) ; la Maison du Capricorne, qui doit son nom aux mosaïques découvertes, figurant des dauphins et un capricorne, a été amputée lors de l’agrandissement des thermes.
La partie centrale du site est occupée par une zone d’architecture publique aménagée entre 30 et 10 av. J.-C. au-dessus de constructions de la période précédente. Le forum bordé à l’Est et à l’Ouest de portiques, une basilique au Nord et un édifice à abside (de fonction inconnue). De cette même période augustéenne, deux temples géminés, entourés de leur péribole (galerie), au Sud-Ouest du forum. Au Nord, sous le forum, ont été découvertes les maisons de Sulla et des Alcôves. Des peintures de style pompéien d ‘époque pré-augustéenne et des mosaïques de type grec laissent penser que le décor peint est venu se greffer sur une structure plus ancienne. Au Sud des temples, la salle rectangulaire à gradins avec autel au centre était la salle de réunion du Sénat, le bouleuteurion.
Une porte fortifiée marque le resserrement du site à l’entrée d’un ravin des Alpilles. La porte comporte une entrée charretière au centre et une entrée piétonne sur le côté (poterne disposée en chicane). L’ensemble, élevé en grand appareil et surmonté à l’origine d’un crénelage, est caractéristique des constructions pré-romaines. Plus loin à droite, des escaliers conduisent à une niche ornée d’une dédicace aux "glaniques", déesses protectrices. De l’autre côté de la rue se trouve la source qui est à l’origine des cultes les plus anciens de Glanum. Au pied des escaliers une cuvette naturelle est aménagée en bassin. Le grand appareil à joints vifs et la taille des pierres à chevrons sont massaliotes. À gauche de la source, un temple romain dédié à Valetudo, déesse de la santé, par Agrippa, neveu d’Auguste (2) (source curative). À droite se trouve un autre temple romain dédié à Hercule.