Sa situation au coeur de la vallée du Rhône a fait d'Orange une ville de passage. De la Via Agrippa à la Nationale 7, Orange a vu passer de nombreuses populations, des hommes célèbres et peut s'enorgueillir d'un riche passé historique.
La ville s’est développée autour de la colline Saint-Eutrope, et c'est là que commence notre découverte du patrimoine Romain d'Orange, ville qui marque l'entrée de la Provence.
La présence de l’homme est attestée dès l’époque préhistorique sur la colline Saint-Eutrope. Une source divinisée, "Arausio" donne son nom au site, qui deviendra Orange. Ce territoire appartenait à la tribu celte des Tricastini de la grande confédération des Cavares.
Vers 35 av. J.-C., les Romains y fondent une colonie en donnant le territoire des Tricastini aux vétérans de la IIème Légion gallique. Celui-ci comprend la région s’étendant de Montélimar à Orange. La ville prend le nom de Colonia Julia Secondonarum Arausio. La ville est tracée selon le
schéma type des cités romaines.
À Orange, le cadastre, plusieurs fois révisé, est affiché publiquement (au Musée Municipal). Les vestiges d’un amphithéâtre ont été découverts en 1990 à l’Ouest de la ville.
La prépondérance de Rome s’estompe peu à peu. Le Christianisme se développe rapidement en Provence et installe en 381, un premier évêché à Orange.
L'ARC DE TRIOMPHE
Il est l’un des plus anciens arcs à trois passages et l’on y note la présence exceptionnelle d’un deuxième attique.
Sur les faces Nord et Sud, entre l’archivolte des passages latéraux et l’entablement, sont représentés des armes gauloises du Ier siècle et des trophées. Sur le premier attique, des dépouilles navales indiquent peut-être la maîtrise de Rome sur les mers. Sur l’attique supérieur, se trouve une scène de bataille où des Romains combattent des Celtes. À l’Est, on découvre trophées et captifs enchaînés.
Le contour des reliefs cernés par un trait profond est peut-être caractéristique d’un atelier de sculpture Provençal. La profusion, la virtuosité et l’exubérance du décor donnent une impression baroque.
En 1999, des fouilles sont effectuées au nord de l’Arc de Triomphe, au bord de ce qui était la voie d’Agrippa
Les découvertes faites proviennent d'une nécropole antique. Mausolées, tête de Bacchus, très belle tête de cyclope, tête d'Hercule surmontée d’un lion, sphinx, sphinge, plaques funéraires, assiettes, vases, gobelets et autres ustensiles d'offrandes, cercueil en plomb, frise représentant un char tiré par deux chevaux et de nombreuses autres pièces, sont venus enrichir le
patrimoine Romain d'Orange
LE THÉÂTRE
Daté du Ier siècle, son intérêt exceptionnel vient de l’extraordinaire conservation de son mur de scène haut de 36 m. Ce
théâtre romain est le mieux conservé d'Europe et dispose d'une accoustique exceptionnelle dont on peut encore profiter aujourd'hui grâce aux nombreux spectacles d'art lyrique et de concerts symphoniques qui y sont encore programmés.
La pente de la colline Saint-Eutrope a été utilisée pour asseoir les gradins. À l’extérieur, les baies en plein cintre permettaient d’accéder à un portique accolé au mur et à la scène. Les portes rectangulaires, correspondent à celles de la scène (porte Royale et hospitales). Noter les traces du portique dans le mur et les rangs de corbeaux qui permettaient de fixer les mâts du "velum" (cordes et poulies).
À l’intérieur, la porte Royale est encadrée de colonnades superposées et surmontée d’une frise où défilent des centaures. Dans la grande niche, se dresse la statue d’Auguste.
La scène, constituée d’un plancher, était couverte d’un toit en pente, dont on voit encore les fixations dans le mur. En plus de protéger de la pluie il avait un rôle acoustique. Ce toit est aujourd'hui remplacé par une immense verrière qui protège la scène et le mur de l'érosion, tout en ne dénaturant ni l'aspect de l'édifice, ni son acoustique. Reste la fosse du rideau, le "pulpitum" a disparu en partie.
LES REMPARTS
Des vestiges des remparts sont visibles vers le cimetière, route de Roquemaure.
LE MUSÉE MUNICIPAL D'ORANGE
Le musée présente des vestiges romains provenant des fouilles archéologiques de la ville.
On peut en particulier y voir des fragments de statuaire en provenance du théâtre, un moulage de la frise des centaures, la frise des aigles, différentes inscriptions et objets de la vie quotidienne ; et bien sûr les célèbres cadastres romains d’Arausio qui restent assez uniques tant ils sont complets.