Ils sont indissociables de la Provence. La vigne et l'olivier font partie intégrante de la culture et des traditions provençales. Indissociables aussi des paysages de cette région, qu'ils ont contribués à façonner. A l'occasion de vos vacances en Provence vous parcourez probablement des routes bordées de vignes et des paysages ponctués d'oliviers souvent plusieurs fois centenaires.
Nous vous proposons d'en savoir un peu plus sur le développement de la vigne et de l'olivier en Provence durant la période Romaine.
L'OLIVIER
Selon l’auteur latin Justin, ce sont les Grecs qui ont appris aux Gaulois à cultiver l’olivier comme la vigne, et on place donc en général, l’introduction de cet arbre en Provence au VIème siècle av. J.-C. En fait, les travaux ont montré que l’olivier sauvage, l’oléastre, existait depuis longtemps et l’espèce cultivée, Oléa europea sativa, peut-être aussi. Il est possible que l’extension de l’olivier en Provence se soit faite entre la
fondation de Marseille et sa prise par César en 49 av. J.-C.
On ne dispose que de sources très fragmentaires, de rares allusions dans les textes et les ruines d’huileries, mais on ne retrouve souvent pour celles-ci qu’une pierre de contrepoids ou une dalle de pressoir, bien difficiles à dater. Cependant on constate que certaines appartiennent à des sites qui se trouvent sous influence massaliote, d’autres sur des oppida cetlo-ligures.
Autour d'Aix, plusieurs pierres de pressoirs (vallée de l’Arc, Rognes, Sainte-Victoire) confirment les conclusions qui pouvaient être tirées de la présence d’un marchand d’huile aixois, Euseus, à Rome. Dès l’Antiquité Aix est un centre oléicole réputé. À
Arles l'on retrouve quelques pierres de pressoirs et des indications administratives.
À Lambesc subsite une huilerie dans une villa, huilerie qui a fonctionné jusqu’au IVème siècle. On peut noter également une huilerie du Ier siècle av. J.-C. à Calissane et de nombreuses meules à huile à Velaux.
LA VIGNE
Les Phocéens apportent avec eux les premiers cépages et transmettent aux populations indigènes les techniques de taille et de presse du raisin.
La présence romaine est déterminante pour le développement de la vigne en Provence et pour l’élargissement de son l'implantation. Au départ située en bordure du littoral, les Romains permettent l’expansion de la vigne vers l'arrière-pays. Son implantation gagne la
Vallée du Rhône puis le Nord de la Gaule d’une part, et à l'Ouest, le Languedoc d’autre part. Les Romains ont développé ont savoir-faire certain en matière viticole. Ils introduisent de nouveaux cépages en Provence et améliorent les méthodes de vinification dans les grands domaines qu’ils créent en Provence.
Pour bien se rendre compte des techniques viti-vinicoles employées par les Romains il faudrait pouvoir se transporter dans l’un de ces grands domaines de l’Antiquité …
Rien de plus simple quand on sait qu’à Beaucaire (à 20 km de
Saint-Rémy de Provence, côté
Gard) se trouve l'unique reconstitution de cave gallo-romaine.
De taille réelle et en état de fonctionnement, elle comporte un fouloir, un pressoir et des dolia. Le Mas gallo-romain des Tourelles présente du matériel archéologique provenant de la fouille des fours de potiers gallo-romains de la villa ; des animations pour enfants et adultes sur le thème de la vie rurale à l’époque romaine ; et une taverne avec ses amphores, où l’on peut déguster du vin élaboré selon les méthodes employées par les Romains.
Une visite culturelle, ludique et gustative, qui vous permettra de savoir enfin comment le vin été préparé dans l’Antiquité.