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Vous êtes prêts à vous lancer à la découverte des magnifiques sites antiques de Provence ?
Voici pour vous aider à préparer vos visites durant vos vacances certaines informations concernant la ville romaine en Provence.
Ces quelques éléments vous permettront d'identifier plus facilement les édifices (ou vestiges d'édifices) devant lesquels vous vous trouvez. Ils vous seront aussi utile pour retrouver la fonction originelle de ces vestiges, et vous aider à imaginer le mode vie des Romains en Provence.
LE PLAN DE LA VILLE ROMAINE EN PROVENCE
Les créations ex-nihilo sont rares, car la plupart des villes succèdent à un établissement indigène hellénisé ou non. Très souvent cependant, l’impulsion de base est donnée par une colonie militaire de vétérans, comme à Nîmes et à Orange, où ils sont bientôt rejoints par des populations civiles.
La fondation a lieu selon des règles précises : après avoir déterminé le centre de la future cité, on trace deux axes majeurs, le Cardo maximus (Nord-Sud) et le Decumanus maximus (Est-Ouest), qui permettent de définir un quadrillage régulier. En fait, cette disposition géométrique n’apparaît parfaite qu’à Orange ou à Arles ; à Nîmes et à Vaison, les urbanistes durent tenir compte des contraintes de la topographie locale.
Lorsque des édifices antérieurs existaient, comme à Glanum, ils sont rasés pour faire place aux nouvelles constructions. Les villes sont ouvertes, hormis Nîmes, Arles et Orange, qui ont reçu le droit honorifique de s’entourer d’un rempart. Les enceintes défensives apparaissent à partir de la fin du IIIème siècle ; elles sont alors jalonnées de tours et de portes correspondant aux grands axes de circulation.
LES RUES
Les principales rues sont bordées de trottoirs, hauts parfois de 50 cm, et longées de portiques destinés à protéger les promeneurs des rayons du soleil et des intempéries. La chaussée, revêtue de grandes dalles, est parfois coupée de bornes plates aussi hautes que les trottoirs (entre lesquelles peuvent passer les chevaux et les roues des chars) afin de permettre aux piétons de traverser la rue de plain-pied. Des caniveaux bordent également la chaussée légèrement bombée.
LE FORUM
Grande place publique entourée de portiques, le forum est le cœur de la Cité. On y trouve les édifices officiels : temple du culte impérial, basilique civile (affaires judiciaires et commerciales), curie (siège des magistrats municipaux), et parfois prison.
L’espace représenté par le forum romain a été, à quelque chose près, conservé dans la plupart des villes de Provence, il est aujourd’hui devenu une place comme la place De Lenche à Marseille, la place de la Maison Carrée à Nîmes, la place du Forum à Arles ou la place André Bruey à Orange.
L’AMPHITHÉÂTRE
Couramment désigné par le terme d’arènes, il comporte à l’extérieur, deux niveaux d’arcades surmontés d’un niveau réduit appelé "attique". Au sommet de ce dernier sont encastrés les poteaux servant à l’amarrage du "velum", immense voile réglable qui protège du soleil et des intempéries. Les arcades sont rythmées par des piliers rectangulaires, ornés de demi-colonnes engagées au premier étage. À l’intérieur, clôturant l’arène, un mu protège les spectateurs des premiers gradins contre les bonds des bêtes féroces lâchées sur la piste. La "cavea" (espace occupé par les gradins) se divise en "maenia", groupes de gradins généralement au nombre de quatre, séparés chacun par un couloir de circulation. Au-dessus du mu, sur le "maenium" le plus bas, se trouvent les places réservées aux notables (sénateurs, magistrats, etc.) et à certaines corporations comme les bateliers d’Arles. Les autres places reçoivent les spectateurs dont l’importance sociale décroît en même temps que s’élèvent les gradins. Tout en haut se tiennent les affranchis et les esclaves. Les arcades, les galeries circulaires qui forment un promenoir (et où se trouvent les boutiques), les dizaines d’escaliers et de couloirs permettent d’arriver aux places rapidement, sans bousculade et sans que les spectateurs de différentes classes se rencontrent. À Nîmes, plus de 20.000 personnes pouvaient évacuer l’amphithéâtre en quelques minutes.
Les spectacles :
Les spectacles donnés dans les amphithéâtres étaient extrêmement variés et souvent sanguinaires. Annoncés à grand fracas publicitaire, les combats de gladiateurs étaient très prisés. Prisonniers de guerre, condamnés, professionnels ou aventuriers, les gladiateurs appartiennent à différentes écuries, entraînées par des sortes d’impresarios qui les louent très cher à de riches notables. Armement et équipement varient selon le type de combattant : le "mirmillon", casqué et armé d’un bouclier et d’une courte épée, le "rétiaire", au filet et au trident, le "Thrace" et son épée recourbée, le "samnite" et son grand bouclier rectangulaire (voir la statuette au Musée de l’Arles Antique), le "crupellaire" et son armure métallique, l’ "essédiaire" monté sur son char, se battent à mort pour la plus grande joie du public. Le règle veut que le vainqueur égorge le vaincu, sauf si le président des jeux accorde sa grâce en levant le pouce.
S’affrontent également des hommes et des fauves. Les combats d’animaux mettent en scène des fauves et des bêtes exotiques (en principe uniquement en présence de l’Empereur) mais surtout des taureaux, des ours, des sangliers, des chiens spécialement dressés. En début de spectacle, on chasse à courre le cerf, on lâche des éperviers sur des lièvres ou des pigeons. Pour neutraliser l’odeur des bêtes, des brûle-parfums sont répartis dans l’amphithéâtre ; les esclaves vaporisent de suaves effluves sur les notables. Un orchestre ponctue les jeux de vigoureuses harmonies. Aux entractes, on rencontre des amis dans les promenoirs tandis que l’on peut se restaurer sous les arcades.
C’est probablement en souvenir des premiers Chrétiens livrés aux bêtes dans les amphithéâtres, que le Christianisme interdira les combats de gladiateurs en 404.
LE THÉÂTRE
Demi-cercle prolongé par une scène profonde, il se divise en trois parties : la "cavea" (où l’on entre par les "vomitoria") adossée à une hauteur naturelle et couronnée par une colonnade ; l’ "orchestra" , espace en demi-cercle situé devant la scène, garnie de sièges mobiles réservées aux dignitaires ; la scène, flanquée de salles latérales rectangulaires. Au fond de la scène se dresse un mur percé de trois portes par lesquelles les acteurs font leur entrée. Ce mur de scène est la partie la plus belle de l’édifice. Sa décoration comporte plusieurs étages de colonnes, de niches contenant des statues (la grande niche centrale contient celle de l’Empereur), des revêtements de marbre, des mosaïques. Derrière, s’alignent les loges des acteurs et les magasins d’accessoires. Comme pour l’amphithéâtre, le théâtre est équipé d’un "velum". Décors et machineries sont ingénieux. Certains décors sont fixes, d’autres, superposés coulissent. Un rideau de 3 m de haut descend dans une fosse en début de représentation et remonte à la fin. Les sous-sols contiennent la machinerie et communiquent avec la scène par les trappes qui escamotent ou font surgir du sol les acteurs. D’autres appareils descendent du ciel ou montent aux nues les dieux ou héros. Les machinistes savent produire fumées, éclairs, tonnerre et apparitions.
Le grand toit incliné qui rabat les sons, la courbe des gradins, les colonnades qui rompent l’écho, les vases résonateurs sous les gradins qui font office de haut-parleurs, tout l’aménagement du théâtre contribue à favoriser l’acoustique. Pour compléter cela, la bouche des masques des acteurs forme un porte-voix.
LES THERMES
Les thermes publics étaient plus que de simples établissements de bains ; ils étaient surtout des lieux de passe-temps et de détente, expression d’un art de vivre raffiné. On s’y rendait pour se relaxer, retrouver des amis, pratiquer des exercices physiques, flâner, lire, écouter des conférences, ce qui explique les séjours fréquents et prolongés que l’on y faisait. Dans ces vastes bâtiments, tout est aménagé pour le bien-être du corps et de l’esprit, dans un cadre luxueux et confortable. Colonnes et chapiteaux rehaussés de couleurs vives, parements de mosaïques, revêtements de marbres polychromes, voûtes à riches caissons, fresques sur les murs, statues, étalent partout les fastes d’un luxe inouï.
Le système de chauffage :
Le fonctionnement des thermes prouve une grande maîtrise des problèmes d’adduction d’eau et de chauffage. L’eau arrive par un aqueduc, elle est accumulée dans des citernes puis distribuée par un circuit de canalisations en plomb et en mortier ; l’évacuation se fait par un réseau d’égouts. Le chauffage de l’eau et des pièces est assuré par un système de foyers et d’hypocaustes en sous-sol : l’air chaud obtenu par la combustion du bois ou du charbon de bois circule par un conduit de pilettes puis par des tubulures établies à l’intérieur des murs. Ainsi, les salles sont chauffées par le dessous et par les côtés. La salle la plus chaude, orientée au Midi ou au couchant, possède de grandes fenêtres garnies de verrières qui servent à la cure solaire.
L’atmosphère des étuves atteignait sans doute 60 ° et des semelles de bois étaient nécessaires pour marcher sur le sol brûlant. L’eau était préparée à trois températures différentes : froide, tiède et chaude.
Le circuit du visiteur :
Le baigneur suit un circuit type. Tout d’abord, après avoir laissé ses vêtements au vestiaire et s’être enduit le corps d’huile, il se dirige vers "la palestre" (sorte de gymnase) où il s’échauffe par des exercices physiques. Peu après, il gagne le "tepidarium" (salle tiède). Là, il se nettoie longuement en se raclant la peau avec de petites spatules métalliques incurvées appelées "strigiles". Il stationne ensuite dans le "caldarium" (salle chaude), où il prend un bain de vapeur, puis se plonge dans un bain chaud collectif. Après avoir reçu des massages, il revient au "tepidarium" avant de rejoindre le "frigidarium" (salle froide) dont les bains glacés provoquent une réaction saine. Ragaillardi, il n’a plus qu’à se rhabiller et à aller se distraire dans les multiples annexes des thermes.
Les thermes privés des riches demeures urbaines et des "villae" n’étaient pas aussi amples, mais possédaient un niveau de confort comparable.
LA MAISON URBAINE
La maison urbaine peut être de divers types : petite maison bourgeoise, maison de rapport à étages, boutique et enfin grande et luxueuse habitation patricienne. Extérieurement, la nudité de ses murs et la rareté de ses fenêtres donnaient à ces dernières un aspect sobre. Mais l’intérieur, décoré de mosaïques, de statues, de peintures et de marbres, témoignait de la richesse de son propriétaire. Un large seuil donnait accès au vestibule et au corridor menant à l’ "atrium".
L’"atrium" est une grande salle dont la partie centrale est à ciel ouvert (compluvium) ; un bassin appelé "impluvium", creusé sous la partie découverte, reçoit l’eau de pluie. Des pièces s’ouvrent sur l’ "atrium" : salle de réception, "laraire" (oratoire privé), "tablinum" (cabinet de travail, bibliothèque) du chef de famille.
Le péristyle est une cour entourée d’un portique (galerie dont le toit est supporté par des colonnes), situé au centre de la partie purement familiale de la maison. On y accède depuis l’"atrium" par un couloir. Le péristyle est généralement transformé en jardin avec bassin, jet d’eau et statues. Tout autour se distribuent les locaux d’habitation : chambres "triclinum" (salle à manger), et grand salon ("oecus"). Des étages dédoublent certains corps de bâtiments. Les annexes comprennent la cuisine avec fours et évier, les bains, les latrines (avec tout-à-l’égout). D’autres bâtiments abritent les logements des esclaves, les greniers, le cellier, l’écurie …
LES ARCS DE TRIOMPHE
Les arcs de triomphe que l’on admire en Provence sont improprement appelés arcs de triomphes. Ils ont bien la forme des arcs érigés à Rome sur le passage des généraux victorieux, mais ce ne sont que des arcs municipaux, commémorant la fondation des cités et les exploits des vétérans légionnaires. Ils comportent soit une seule, soit trois ouvertures. La plate-forme supérieure était ornée de statues, de chars attelés, de trophées, presque toujours en bronze doré.
LES TEMPLES
Édifiés sur un podium, ils comprennent deux parties : un vestibule et une "cella" (chambre sacrée). Le type le plus achevé du temple classique est la Maison Carrée de Nîmes. Dans les campagnes existaient de petits temples indigènes appelés "fana" ("fanum" au singulier).
LE CIRQUE
Le cirque est le lieu où se disputaient les courses de chars et de chevaux, l’édifice avait une forme rectangulaire allongée dont l’une des extrémités dessinait un ovale. L’obélisque qui ornait la "spina" du cirque d’Arles se dresse aujourd’hui devant l’église Saint-Trophime.
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